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Le film « Un lien qui nous élève » sort ce mercredi, entretien avec Nicolas Clouet, éleveur à Noirmoutier et le réalisateur Oliver Dickinson !

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Elevage : les liens plus subtils des éleveurs avec le monde animal...

Après le film « Des locaux très motivés » sur les circuits-courts et l’agriculture en 2015, le réalisateur Oliver Dickinson propose un nouveau long métrage « Un lien qui nous élève », qui sortira en salles ce mercredi 13 mars. Dans ce documentaire, des paysans-éleveurs sont mis en lumière par le réalisateur, et notamment Nicolas Clouet, éleveur de vaches maraîchines à Noirmoutier. Tous entretiennent une relation forte avec leurs animaux, c'est par leur sensibilité et leurs modes de vie, plus proche de la nature qu'ils se reconnectent aux mondes vivants, à la terre ! Voici le synopsis :

Dès 1850, la loi Grammont punissait les mauvais traitements à nos compagnons sans mots. Mais, à ce jour, le paysage de l’élevage français a surtout pris la forme de porcheries-usines, de stabulations surpeuplées, de fermes industrielles robotisées... Heureusement, Laure, Nicolas, Annabelle et leurs collègues éleveurs choisissent une autre voie pour offrir une existence plus digne à leurs animaux, du début à la fin. Et leurs efforts sont récompensés par le lien qu’ils tissent avec leurs bêtes. Un lien qui nous élève tous.

Echanges avec Oliver Dickinson, le réalisateur, et Nicolas Clouet, éleveur à Noirmoutier.
Olivier Dickinson, racontez-nous votre parcours et la genèse de ce film ?

Né à Londres, j’ai grandi en région toulousaine, à la campagne. C’est à la ferme, entouré de vaches, de cultures de chanvres que je me sentais proche des animaux, plus petit. Et puis, par ma grand-mère Bretonne, j’ai toujours entendu parler des relations des paysans et des animaux qu’ils élèvent. Par la suite, des documentaires sur la maltraitance animale m’ont marqué, je suis devenu un consommateur curieux et responsable. D’abord citadin dans le centre-ville de Nantes, je suis parti ensuite vivre en Aveyron pour des raisons personnelles. C’est là que j’ai découvert une région très préservée, des élevages en plein air, des agriculteurs proches de la nature…
C’est confronté à des extrêmes : l’agriculture industrielle, intimement liée à l’élevage intensif et la naissance du véganisme, que j’ai voulu consacrer un long métrage, pour illustrer d’autres approches agricoles plus en lien avec le bien-être animal, le sens que j'ai perçu dans les relations entre ces éleveurs et leurs troupeaux.

Le réalisateur Oliver Dickinson en tounage à Noirmoutier chez Nicolas Clouet et sa compagne, éleveurs de vaches maraîchines !


“ Ce film témoigne avec profondeur et sensibilité du lien qui nous unit aux animaux. Un travail précieux qui prouve que l’élevage paysan existe encore. À diffuser largement.” Caroline Brousseaud, Présidente de l’AFAAD ”

Entretien avec Nicolas Clouet, éleveur à Noirmoutier présent dans le film…

Nicolas Clouet, élève son troupeau sur le polder de la réserve naturelle de Sébastopol situé sur l’île de Noirmoutier. Ses quinze vaches maraîchines, une race locale, entretiennent parfaitement les 60 hectares de terres de marais. Issu de l’agriculture conventionnelle, Nicolas a trouver un autre sens dans son métier avec l’approche du local et de la biodiversité, plus proche de la nature...

Depuis quand êtes-vous éleveur à Noirmoutier ?

Je suis installé depuis 2010 sur la réserve naturelle appartement à la communauté de communes de Noirmoutier. J’ai évolué auparavant comme ouvrier agricole dans des fermes industrielles, dans une agriculture conventionnelle et productiviste qui s’opposait à mes valeurs.
Puis j’ai découvert les circuits courts, les ventes à la ferme, et en arrivant ici, la biodiversité. J’ai pu notamment m’installer en agriculture paysanne et biologique grâce à un coup de pouce de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de Vendée.

Pourquoi avoir choisi d’évoluer dans l’agriculture ?

Par goût, une activité qui me parait être vaste et riche, au cœur des problématiques de vie dont on entend parler : l’impact de l’humain sur terre. Je fais partie du réseau « Paysans de nature », et ce choix de m’orienter vers une approche écologique dans le marais breton m'apporte beaucoup.
 

Le film "Un lien qui nous élève" !

Le réalisateur part à la rencontre d'éleveurs !


 

Votre regard sur les nouveaux modes de consommation ?

Sur notre ferme, nous proposons de la vente directe, nous sommes heureux d’y accueillir des gens intéressés par leur santé, la question de l’état de la terre et de la place de l’humain, nous avons besoin de retrouver ses racines avec la terre qui nous nourrit, pour moi c’est l’enjeu des circuits-courts, afin de démistifier les choses, partager la connaissance pour ne pas rester enfermer dans un dogme ou dans un autre.
Je pense qu’il est assez dangereux de ne pas savoir comment notre alimentation est produite. Le meilleur moyen pour les consommateurs est de se rapprocher de la production pour se renseigner. Comprendre ou, comment et par qui sont produit les aliments que l’on retrouve dans l’assiette, c’est ainsi qu’une relation de confiance s’instaure. Outre les labels bio, Nature et Progrès ou encore Paysans de nature, pour moi rien de vaut le circuit-court et la confiance entre consommateurs et producteurs.

Vos liens avec les animaux ?

Plus on passe de temps avec les animaux, plus cela nous amène de l’humanité sur le monde au sens large. Cette disponibilité pour le présent avec les animaux, crée des liens. On passe parfois à côté, il nous faut nous affranchir du mental pour aller dans l’instant, cette remise en question, et voir à quel point nous sommes parfois enfermés dans des prisons mentales…
Dans l'élevage, le rapport à la vie et à la mort est présent, ça nous remet les pieds sur terre, avec notre fragilité, on a besoin d'être confronté à ça. Nous faisons notre possible pour offrir une vie harmonieuse à nos bêtes, nous voulons aussi leur offrir une belle mort... grâce aux circuits-courts, savoir ou sera consommée la viande produite permet d'honorer nos animaux.

L'avenir passe-t-il par une agriculture paysanne de proximité ?

L’enjeu est dans la transmission du patrimoine vivant, de pas user la terre. Il est temps de profiter des erreures commises par l'agriculture industrielle pour améliorer les choses, apporter un peu de sagesse. Tout cela est actuellement très politisé.
Ce qui est très positif c’est que des gens réagissent, avec la création de nouvelles installations agricoles qui font suite à des prises de conscience. Chacun a des solutions, sans attendre …. Quand on arrête la chimie dans un sol, la vie revient très vite. Le plus c'est que des gens non issus du monde agricole, et qui n’ont pas un héritage agro-industriel mettent en oeuvre de nouvelles pratiques, loin des conditionnements d’habitudes, loin de ces repères liés à l’agro-industrie. Je crois à la multiplication de ces initiatives locales !

Merci à Oliver et Nicolas, découvrez la BO du film ici, nous vous tiendrons informé(e)s, des séances à venir prochainement en Vendée.

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