
Et si la Loire pouvait parler ? Et si le plus long fleuve de France disposait, comme nous, de droits pour défendre ses intérêts ? Derrière cette idée audacieuse, scientifiques, artistes et citoyens s’organisent. Échanges avec Barbara Réthoré, biologiste cofondatrice de Natexplorers et investie au sein des collectifs « Loire sentinelle » et « Vers un parlement de Loire ».
Elle serpente sur plus de 1 000 kilomètres. Son bassin versant couvre un cinquième du territoire hexagonal. La Loire vit, évolue au cours du temps et des saisons, elle est partout et irrigue terres, cultures, villes et imaginaires. Elle nous nourrit en tout point et donc évidemment notre santé dépend de la sienne.
Avec Julien Chapuis, Barbara Réthoré est à l’origine du rapport public Loire sentinelle, un fleuve, une santé, fruit de trois années de collecte de données, de 2022 à 2025, tout au long du fleuve. Elle rappelle : « La Loire est la mémoire de ce qui fut, le témoin de ce qui est, et la vigie de ce qui risque d’advenir. » L’étudier et en prendre soin est donc essentiel. Pourtant le constat est clair : la Loire est sous pression. Pressions industrielles, agricoles, urbaines, touristiques. Un fleuve considéré comme un « paysage que l’on consomme », une ressource exploitable dans une logique extractiviste et productiviste.
