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La ville de Saint-Hilaire-de-Riez expérimente la pratique de l’éco-pâturage dans les marais !

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Eco-Pâturage, quand l’homme et ses engins laissent place aux animaux à Saint-Hilaire-de-Riez !

En ce mois d’Avril, la ville de Saint-Hilaire-de-Riez tente une expérimentation de gestion par éco-pâturage d’un site naturel. L’objectif est de lutter contre certaines plantes invasives, de répondre aux enjeux de préservation de la biodiversité mais aussi de renforcer les liens du monde rural et de la nature. Quand l’homme et ses engins laissent place aux animaux…

Pour mettre en œuvre cette initiative, la ville a fait appel à un éleveur de moutons, Sébastien, de la ferme du Loriot sur les rives de l’Yon. Moutons et brebis ont donc investi voici quelques jours les Marais au lieu-dit « Le Gatineau ». Laurent Fraisse, chargé de développement durable au sein des services municipaux de Saint-Hilaire de Riez explique :

« La ville de Saint-Hilaire-de-Riez a un plan de lutte contre les plantes envahissantes le 'Baccharis", cette plante produit beaucoup de graines qui se volatilisent et se disséminent très facilement dans les marais, qui sont en friches et pus exploités. Un plan d'arrachage avait été lancé en 2016, mais il s’agit maintenant de lutter contre la repousse de ces plantes invasives. »

Laurent, qui a intégré les services de la ville depuis 3 ans, avait déjà eu connaissance de démarches similaires en Bretagne. C’est aussi dans un contexte d’un agenda 21 et la fin de l’utilisation des pesticides que ce choix a été fait. Et puis l’intégration des animaux dans cette zone des Marais va permettre aussi de sensibiliser :

« En favorisant le développement d’une race patrimoniale : la brebis « Landes de Bretagne », nous allons dans le même temps diminuer les coûts de gestion humaine et mécanique, diminuer la production de déchets verts et faciliter l’entretien de cette zone humide, parfois difficile d’accès. »
« Et puis, par la présence animale et la revalorisation de ce secteur en friche, donner une vocation à cet espace, une attractivité et un rôle social, en renforçant les liens avec le monde rural et la nature, prendre le temps de se reconnecter au monde animal en les replaçant dans la ville. »

Expérimentation en éco-pâturage au lieu-dit "Le Gatineau" à Saint-Hilaire-de-Riez.


” Je trouve intéressant que l’agriculture et la biodiversité retrouvent ses droits en milieu urbain et la place que les activités humaines leurs avaient progressivement pris. ”

Des communes qui s'engagent...

Sébastien Guilhemjouan, l’éleveur et intervenant désigné pour la gestion d’espace par éco-pâturage, met depuis plusieurs années ses activités paysannes et sa connaissance de la biodiversité au service des collectivités :

« J’ai commencé avec un saulnier à Noirmoutier, nous avions lancé une activité d’éco-pâturage, consommation des ronces, qui recouvrait un espace avec un espace floristique intéressant, la chèvre rustique répondait à cette attente. Ces races sont bien adaptées à notre territoire, elle se satisfont de ces variétés de fourrage grossier (ronce, jeunes pousses de chardons) qui participent au final à leur bonne santé et nutrition. Cela permettait de compléter le travail des agents communaux, avec des animaux dans des endroit dangereux, en pente ou en hauteur, là où les agents ne peuvent pas intervenir par exemples. »

Il intervient déjà sur la commune de Givrand, ville bien engagée dans cette démarche, ainsi qu’à l’hôpital Georges Mazurel à la Roche-sur-Yon.

« J’interviens la commune de Givrand pour la gestion par éco-pâturage des espaces verts. Cette commune est très impliquée dans ce projet et le plan zéro-phyto, elle communique et explique sa démarche en organisant des ballades pédagogiques. Le jeudi 21 mars à Paris, Givrand a reçu le label « Terre saine, communes sans pesticides », comme 110 collectivités en France. Les élus ont fait notamment le déplacement pour une conférence sur la biodiversité avec le collectif paysans de nature à Chaillé-sous-les-Ormeaux, le relationnel avec la collectivité est en ce sens très intéressant. »
 

Eco-pâturage en Vendée.

L'éleveur Sébastien Guilhemjouan et la Marie de Saint-Hilaire-de-Riez !


 
«Pour l’hôpital Georges Mazurel à la Roche-sur-Yon, magnifique site naturel, notamment refuge LPO, la mise en place de l’éco-pâturage dans cet établissement d’aide psychiatrique, permet de créer des interactions avec le monde animal et les patients…»

Sébastien est un ancien salarié de la LPO, il est bien conscient des limites des programmes environnementaux pour protéger la biodiversité en milieu urbain, il a préféré devenir gestionnaire de sa propre réserve naturelle, depuis 1 ans, à Chaillé-sous-les-Ormeaux. Désormais éleveur de vaches maraichines, brebis et moutons, sur un patrimoine de 39 ha, il travaille également à la conservation des variétés anciennes de blé, pour produire et mettre en vente très prochainement ses propres pâtes.

« La modernisation, a fait qu’il n’y a plus de berger de par l’agrandissement des communes, la concentration des activités agricoles… je trouve intéressant que l’agriculture et la biodiversité retrouvent ses droits en milieu urbain et la place que les activités humaines leur avaient progressivement pris.
« J’aime beaucoup travailler avec les communes, pour la prise en compte de la biodiversité, la fin de l’utilisation des pesticides... les citoyens payent des impôts, je trouve normal qu’ils servent en partie à ces questions fondamentales pour la suite ! »

Nous remercions Laurent Fraisse et Sébastien Guilhemjouan pour l'échange. Nous partirons prochainement à la rencontre de cet éleveur sur les bords de l'Yon.

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