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Les Fermes de la Gourinière : l’Union fait la force à Treize-Septiers dans le Nord Vendée !

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Retour d’expérience pour le n°1 du Journal des initiatives Positives, version papier de Demain-Vendée !
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Situé dans un petit village entre Montaigu et Cugand, Le magasin des Fermes de la Gourinière a été l'un des tout premiers magasins de producteurs dans le Nord Vendée. Aujourd'hui, quatre fermes produisent volailles, pain, viande bovine et porcine ainsi que des légumes, tous vendus dans le magasin géré sur place et collectivement. Une réussite qui s'explique par des valeurs fortes et une envie de travailler à plusieurs.


Un village marqué par la paysannerie.

Revenons quelques temps en arrière… Au départ, une seule ferme existait à la Gourinière : Le GAEC « Les 3 Pierres ». Dans les années 70, Paul et Hélène Arrivé, Jean Pierre et Annette Onno et Jean Michel Champain produisaient déjà des volailles, de la viande de bœuf, du porc et des œufs sur ces terres. Chaque associé s'occupait d'une activité et toute la production était vendue sur les marchés via un collectif de producteurs, le GIE (1) « Frais Marché ». La vente se faisait également sur place sans magasin dédié.

Cette ferme défendait déjà des valeurs fortes : le travail en collectif, la recherche d'autonomie, l'entraide, le lien avec les consommateurs. La transmission des terres était également au cœur de leurs préoccupations et lorsque les premiers départs à la retraite arrivèrent, la volonté n'était pas de vendre les terres au voisin pour qu'il s'agrandisse, comme c'est la norme aujourd'hui, mais bien d'installer de nouveaux agriculteurs. Chaque production (volailles, viande bovine etc..) fût transmise à un nouvel agriculteur et une nouvelle ferme a donc été créée pour chaque type de production.


La relève !

Sandrine est la première à s'installer en 2003 et reprend l'élevage de volailles. La production est gérée de A à Z : les volatiles sont élevés en plein air, nourris avec les grains produits sur place et également abattus sur place. Sandrine passe en bio en 2017 avant de revendre sa ferme en 2018 à Yannick. En 2006, c'est Paul qui reprend l'élevage de porcs. Il en élève 250 par an dans des box à l'air libre sur paille. Il est le fondateur du premier magasin à la ferme en 2006 dans une petite annexe de son atelier de transformation.

Puis suivent les maraîchers, Manuel et Jérémy, qui s'installent en 2011 sur cinq hectares que Sandrine leur laisse. et ils alimentent le magasin avec leurs légumes biologiques. Enfin, en 2012, Isabelle reprend l'élevage bovin qu'elle passe en bio, elle est rejointe ensuite en 2015 par son conjoint Rémi qui produira des céréales pour faire son pain.

Elevage de porc et vente directe à la Gourinière


” Toutes ces fermes sont indépendantes les unes des autres mais chacune participe au succès de l'autre à travers le magasin, le cœur de ce village. ”

Le Magasin : une réussite collective.

Entre 2006 et 2015 le magasin attire une clientèle de plus en plus importante. Chaque nouvelle installation apporte de la reconnaissance auprès du public et renforce la qualité des produits proposés :

« Quand tu vois les salades, tu ne trouveras jamais plus frais, elles ont fait vingt mètres (rires) » raconte Rémi, paysan boulanger.

C'est un des plaisirs de venir dans ce magasin : toutes les productions étant situées autour, on peut voir les volailles gambader, les tomates pousser, aller voir les cochons...

« La ferme est en accès libre pour le public. C'est important qu'on soit transparents sur la façon dont on travaille. »

Le succès est tel que la petite annexe ouverte par Paul devient trop petite, et même inconfortable pour les clients et les gérants. La décision est prise de créer un nouveau magasin plus grand juste à côté de l'ancien. C'est donc en 2016 qu'ouvre le bâtiment de 100m² et le succès est au rendez vous. Aujourd'hui, près de 300 clients poussent les portes du magasin chaque semaine.

 

La magasin à la ferme.

Les champs à quelques pas du magasin à la ferme !


 

Une gestion collective gagnante pour les producteurs...

Les six producteurs de la Gourinière sont associés en SARL pour cette nouvelle aventure et la gestion au quotidien se fait de la manière la plus démocratique possible :

« Les décisions se font au consensus. Si quelqu'un bloque une décision, en général, elle ne se fait pas. »

C'est cet état d'esprit qu'ont choisi d'insuffler à leur gestion du magasin les producteurs. En plus de leur activité agricole, le magasin rajoute de la complexité : entre la comptabilité, la gestion des fournisseurs, les commandes clients, la communication, mais les six paysans ont toujours la volonté de travailler de la façon la plus juste possible :

« On divise les grandes tâches du magasin en quatre grands pôles et chaque ferme en prend un pour l'année, puis ça tourne l'année suivante » précise Jérémy, maraîcher. « Et les temps de vente sont ensuite répartis entre les 4 fermes. »

Maraichage aux fermes de la Gourinière avec le GAEC Feuille de Choux !


 

Cette division des tâches est un gain de temps précieux noux explique Rémi :

« Le gros avantage, c'est que nos produits sont disponibles 13h à la vente et nous on en fait que 4h, alors que si j'emmenais mon pain sur le marché, il faudrait faire 6h de marché sans être sûr de ce que je vais vendre donc ça c'est un avantage. Et puis tenir un magasin tout seul, entre la mise en rayon, la tenue de la caisse, les commandes des clients, l'approvisionnement, ça ne serait pas possible »

Mais le gain de temps sur la vente n'est qu'un seul des nombreux avantages qu'apporte le travail en collectif. Dans un monde agricole où un agriculteur se suicide tous les 2 jours(2), l'entraide, la convivialité, le partage sont des ressources inestimables.

« Souvent, quand tu bosses en agriculture tu travailles dans ton champ et tu rentres le soir et t'as été tout seul avec tes carottes…Là, on est pas tout seul, tu vois des gens. Donc niveau convivial c'est pas mal. Il y a aussi de l'entraide matérielle, on a des trucs en collectif : des remorques, des tracteurs, du matériel d'irrigation. Et puis, ça permet de prendre des vacances. Par exemple Paul s'occupe des vaches et inversement on s'occupe des cochons quand il part »

...et pour les consommateurs.

Cette proximité de travail est un atout pour ces paysans mais aussi un gain pour les consommateurs et la planète. Tout est produit sur place, sans transport, les produits sur les étals sont donc les plus frais possibles.

« Et le fait que le magasin n'ait pas de bénéfices à faire(3), que nous on soit en direct, ça permet aussi de proposer des produits pas chers. ». Les prix sont donc attractifs pour la clientèle, même en bio. « Et la vente en magasin, ça permet de vendre nos produits à un prix qui nous fait vivre contrairement à si on les vendait à un intermédiaire. »

Une alimentation locale, saine, qui fait vivre des producteurs et répond aux attentes de nombeux consommateurs. Les Fermes de la Gourinière ne sont-elles pas l'exemple à suivre pour l'agriculture de demain ?


Vincent Brunelière


(1)Groupe d'Interêt Economique : un groupement doté de la personnalité morale qui permet à ses membres (qui doivent être au minimum deux) de mettre en commun certaines de leurs activités afin de développer, améliorer ou accroître les résultats de celles-ci tout en conservant leur individualité.
(2) https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-suicide-des-agriculteurs-en-chiffres-1517491824
(3)Le magasin est simplement un moyen pour les producteurs pour vendre leurs produits. La SARL n'a pas vocation à faire des bénéfices, seules les fermes en gagnent.

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