parallax background

Bati-insert, quand le maraichage et le travail du bois aident à reconstruire les Humains à Treize-Septiers !

L’Instant radio du 16 septembre ! Nos invités Julie, Laurent et Fabrice nous présente le Festi’Miam, pour une alimentation saine et locale !
17 septembre 2019
L’Instant radio du 23 septembre, avec Samuel et Stéphanie du Collectif des Possibles en terres de Montaigu !
25 septembre 2019
 

Créée en 2006 à l'initiative de M.Padiou, un entrepreneur local, le chantier d'insertion Bâti Insert emploi une quinzaine de personnes par an dans ses locaux situés sur la commune de Treize-Septiers. L'objectif ? Retrouver un travail ou une formation, mais pas seulement ; car pour ces personnes éloignées du marché de l'emploi, le passage sur le chantier est un vrai retour à l'équilibre autour d'activités de travail du bois et de maraichage. Rencontre avec Marcel Brosset, responsable du chantier Bâti Insert.

Des p'tits bateaux aux légumes bio

Après de multiples expériences dans l'industrie, Marcel Brosset se voit proposer en 2008 la direction du chantier Bâti-Insert, créé deux ans plus tôt. L'aspect social, le challenge, le développement de ce projet l'ont inspiré. Au départ, la menuiserie était la seule activité du chantier d'insertion. M. Padiou voulait valoriser les chutes de bois de son entreprise d'extensions et de vérandas...

« Au début, ils fabriquaient des petits bateaux principalement parce qu'ils avaient trouvé un créneau comme ça en démarchant les entreprises du coin. Un petit bateau avec un petit support publicitaire, c'était le premier objet fabriqué ici. »

Le chantier se développe petit à petit et l'activité menuiserie produit toutes sortes d'objets en bois pour les nombreux clients de la région, piquets pour les chantiers, supports publicitaires, palettes pour transporter des vitres. C'est en 2014 que l'activité maraîchage est mise en place et apporte de nouvelles manières de faire, créer un rapport à la terre et un produit fini que l'on peut consommer :

« Le choix du maraichage a été logique, on travaille avec un public qui rencontre des difficultés non seulement sociales, économiques, financières mais aussi alimentaires. Donc le fait de travailler quelque chose qu'ils vont produire et manger ça change pas mal de choses. Et on s'était dit que le biologique s'imposait.. je me rendais compte qu'un public éloigné de l'emploi a besoin de respirer aussi, de prendre l'air, et le maraichage permettait ça. »

Activité de maraichage biologique... Bati-insert !


” Ces personnes ne viennent pas seulement apprendre le métier de maraîcher ou de menuisier mais aussi des façons d'être qui leur permettront ensuite de trouver un emploi plus facilement ! ”

Un coup de pouce et ça redémarre

Ces deux activités présentes dans le chantier ne sont qu'un prétexte pour pouvoir travailler avec ce public venu d'horizons divers, d'âge très variés avec des problèmatiques différentes. Bâti Insert acceuille toute l'année soit des jeunes de moins de 26 ans bénéficiaire du FAJ ou des plus de 26 ans bénéficiaires des minimas sociaux. Ils viennent pour des périodes qui peuvent aller de six mois jusqu'à trois ans au maximum pour les plus de 26 ans. Ces personnes ne viennent pas seulement apprendre le métier de maraîcher ou de menuisier mais aussi des façons d'être qui leur permettront ensuite de trouver un emploi plus facilement :

« Nous avons des personnes qui arrivent ici, qui ont 50 ans et qui n'ont jamais travaillé. D'autres sont très éloignées de l'emploi. Il y a aussi des personnes qui ont eut des accidents de la vie ou d'autres qui n'ont pas besoin de grand chose, un petit coup de pouce et ça redémarre »

C'est la place du travail dans nos sociétés qui est mise en question dans ces chantiers d'insertion. Malheureusement aujourd'hui, ne pas avoir d'emploi, c'est être en marge de la société. C'est autant une question de revenus afin de se loger, se nourrir, s'habiller, que d'être en relation avec d'autres, de se divertir, de faire des rencontres et d'avoir un "statut" dans le regard des autres. Marcel Brosset s'en rend compte au jour le jour, dans le parcours des personnes qui passent chaque année dans ses locaux :

« Quand on est au chômage, les relations avec les autres dans un environnement où tout le monde travaille n'est pas évident, on se retrouve exclu, on est pas forcément à l'aise. Quand on retrouve un emploi, on retrouve un statut, une place dans la société. »

C'est pourquoi les salariés du chantier retrouvent ce "statut" en travaillant sur les différents ateliers du chantier d'insertion. Au quotidien, les salariés sont appelés à travailler autant en menuiserie qu'en maraîchage, la polyvalence est de mise. Les objectifs sont très divers et adaptés aux besoins de chacun. Pour certains, arriver à l'heure et dire bonjour est déjà une première étape. Pour d'autres, le travail est sur le projet professionnel : vers quel secteur d'activités s'orienter ? Quelles entreprises contacter pour effectuer des stages ? Une conseillère en insertion professionnelle vient chaque semaine s'entretenir avec les différents bénéficiaires pour les aider dans leur projet.

 

Activité de maraichage BAti-Insert

Le chantier bois.


 

Trouver un cadre, une sécurité...

C'est le cas de Bernard , 56 ans, il est arrivé dans la région il y a un peu plus de vingt ans. Il a travaillé sur Paris dans plusieurs sociétés avec des activités variées mais suite à des difficultés familiales, il part dans le sud mais sans succès. Il revient au début des années 90, sur la terre de ses parents en Vendée, où il travaille en tant que plombier chauffagiste en intérim :

« Tout se passait bien au début, mais la crise de 2008 est arrivée et ça s'est dégradé, les offres étaient beaucoup moins nombreuses. »

Les missions d'intérim' s'éloignent et les périodes de chômage s'accumulent. Au RSA, il se tourne vers différents organismes d'insertion et arrive chez Bâti Insert au début de l'année 2018 :

« L'objectif était de se remettre au boulot, d'avoir du temps à soi, repartir sur de bonnes bases. Là on fait des stages c'est ça qui est bien. On est bien entouré, on n’est pas tout seul. »

Près de soixante-dix entreprises sont partenaires du chantier d'insertion et acceuillent les salariés pendant quelques semaines afin d'affiner leur projet. Certains d'entre eux pourront être embauchés à la suite de ces stages ou orientés vers une formation complémentaire afin de pallier certaines lacunes techniques ou certaines connaissances.

C'est ce qu'espère Mathieu, 19 ans. Après avoir quitté l'école jeune, il part du sud de la France et vient s'installer avec sa mère en Vendée. Il tente plusieurs stages précaires dans un haras ou comme laveur de vitres mais sans succès. Il décroche un job de quatre mois dans une usine de brioches mais le contrat n'est pas reconduit et se tourne donc vers la mission locale qui l'oriente vers Bâti Insert :

« Moi, l'objectif ici c'est de passer mon permis, sans ça je ne peux rien trouver. Et aussi de me remettre dans le boulot. La conseillère va m'aider à m'orienter, m'aider à savoir ce que je veux faire. Quand je suis arrivé ici j'étais un peu perdu, je savais pas trop où me mettre, puis là je vois que mon chemin s'éclaircit, j'avance plus sereinement et je sens que ça va le faire ».

Les salariés du chantier Bati-Insert.

L'espace dédié aux activités de maraichage.


 

Trouver un équilibre...

C'est un cadre, une écoute, de l'aide concrète que le public vient chercher au chantier d'insertion. Toute une équipe est là pour redonner confiance aux gens et les soutenir dans leur projet. Marcel Brosset a totalement confiance dans son équipe d'encadrants et les résultats sont là, mais le doute n'est jamais loin sur ses propres décisions :

« Il y a des situations on se dit est ce que j'ai fait le bon choix ? Notre décision quelque part à un impact sur leur avenir donc on a une responsabilité qui n'est pas anodine... il faut trouver un équilibre »

Cet équilibre est difficile à trouver vu les situations diverses, et même si tout le monde ne trouve pas immédiatement un emploi ou une formation, ce « coup de pouce » a le mérite d'exister et doit être encouragé. C'est Bernard qui résume le mieux ce qui fait la richesse de ce genre de projet :

« Quand on est là on a l'esprit libéré, car on sait qu'on va bosser, on a un salaire à la fin du mois, on sait que c'est pas définitif mais ça te permet de te poser pendant 6 mois minimum. C'est un truc de sécurité donc c'est mieux quoi et ça, ça fait du bien ! »


Vincent Brunelière


1 Le fonds d’aide aux jeunes (FAJ) est une aide octroyée par les conseils départementaux aux jeunes de 18 à 25 ans en situation de grande difficulté sociale ou professionnelle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *