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Relocalisation durable, l’évolution gagnante d’un ancien fleuron industriel vendéen

La crise sanitaire de ce début d’année 2020 a montré les limites de notre système économique globalisé, mettant en évidence la vulnérabilité générée par la délocalisation lointaine de nos productions. Aujourd’hui, la distance moyenne entre producteurs et consommateurs tous produits confondus (alimentaires, textiles, électroniques, etc.) est d’environ 6700 km*. Un coût réduit de la main d’œuvre, une fiscalité plus avantageuse, une réglementation moins contraignante ou encore une législation du travail plus souple dans certains pays, sont autant de raisons qui ont incité les entreprises à sous-traiter leurs fabrications en pays émergents. Depuis les années 70, c’est plus de 40% de notre production qui aurait été délocalisée à l’étranger. Cette prise de conscience sur les dangers d’une économie mondialisée cumulée aux enjeux environnementaux auxquels nous faisons face, laisse penser qu’une évolution de nos modes de production est nécessaire. La relocalisation, soit le fait de réapprendre à produire en France, apparaît alors comme une piste de réflexion majeure pour notre future économie. En Vendée, l’entreprise 20D offre un bel exemple de transition industrielle en proposant aux marques de petit-électroménagers de capitaliser sur le Made in France et l’écoconception pour un processus de fabrication en circuit-court avec des produits plus durables.

Un savoir-faire à toute épreuve

Créée par Jean Esswein dans les années 50, l’entreprise est spécialisée dans la fabrication de machines à laver et sèche-linge. Rachetée par Thomson-Brandt, l’usine connaît son apogée dans les années 70-80 et emploie jusqu’à 2.000 ouvriers. Véritable fleuron industriel local, elle devient l’un des plus grands employeurs du département. La montée en puissance de la mondialisation et du Made In China, dans les années 2000, marque ses premières difficultés et le début du déclin. En 2019, malgré un premier virage stratégique sur la valorisation de la fabrication française, la société s’apprête à fermer définitivement. 20D qui croit beaucoup au retour du Made in France se positionne alors pour le sauvetage de l’entreprise et lui dessine un nouvel avenir tourné vers la relocalisation et l’écoconception. Des industriels de renom comme Béaba pour leur produit Baby Cook Néo ou encore Malongo pour leur prochaine cafetière à dosettes compostables font appel à leur savoir-faire.


" Olivier et son équipe ouvrent la voie à de nouveaux projets industriels basés sur des collaborations régionales pour une économie de territoire plus durable et moins dépendante d’une mondialisation qui peut s’avérer paralysante."

L’écoconception pour une relocalisation viable et durable

Cette approche plus globale vise à prendre en considération les critères environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie d’un produit : la conception, la sélection des matières premières et leur provenance, le processus de fabrication, le transport, l’usage du produit et sa fin de vie. « A toutes les étapes de la vie du produit il faut que l’on trouve des alternatives durables » nous explique Olivier Kimmerling, dirigeant de 20D. « L’enjeu n’est pas uniquement de concevoir et d’assembler en France mais d’aller plus loin dans la démarche durable en sourçant les composants le plus possible en France, en améliorant la durabilité du produit, en travaillant sur l’optimisation et la recyclabilité du packaging et même en expédiant le produit via des modes de transport plus écologiques ». L’entreprise envisage d’ailleurs une labellisation « LongTime » pour rendre cette démarche visible auprès des consommateurs. Ce label permet d’identifier les produits durables alliant ainsi économie et écologie, en prenant en compte dans son cahier des charges 3 axes majeurs : robustesse, réparabilité et SAV du produit.

L’exemple concret du Baby Cook

Sachant que le coût de la main d’œuvre en Chine est quatre fois moins cher qu’en France, comment cela peut-il être viable économiquement ? Pour réussir ce défi de relocalisation tout en maîtrisant les coûts, Olivier et son bureau d’étude opèrent un choc de simplification sur la fabrication du produit en minimisant le nombre de pièces et ainsi le temps nécessaire à l’assemblage. L’empreinte carbone du produit se retrouve également diminuée car moins de composants achetés c’est aussi moins de matières premières nécessaires et moins de transports consommés en amont de la filière.


 

Sur le projet Baby Cook, l’équipe d’Olivier est passée de 130 à 53 composants divisant ainsi le temps de montage par deux. Mais, qui dit relocalisation de production dit également relocalisation des approvisionnements. « La stratégie est de travailler le plus possible en circuits courts en termes d’approvisionnement ». Les ingénieurs ont dû rechercher de nouveaux fournisseurs pour l’ensemble des composants. « Pour le nouveau Baby Cook, 70% des pièces sont désormais françaises : les plastiques sont fabriqués en Loire Atlantique, l’emballage dans l’Ain, la puce électronique en Haute Loire et la lame de mixage dans le Puy de Dôme ». Grâce à ce travail d’optimisation, le prix de revient sortie d’atelier n’est que 20% plus élevé que le prix de revient chinois et le bénéfice environnemental est également au rendez-vous avec un coût énergétique de production divisé par deux par rapport à la version Made In China.

Vers une industrie plus collaborative, locale et durable

Cet industriel vendéen, revenu de loin, a su traverser les obstacles économiques en adaptant son modèle pour proposer des solutions plus durables en phase avec les problématiques actuelles. Il est aujourd’hui, un nouvel acteur de l’économie circulaire qui se met en place progressivement. Olivier et son équipe ouvrent la voie à de nouveaux projets industriels basés sur des collaborations régionales pour une économie de territoire plus durable et moins dépendante d’une mondialisation qui peut s’avérer paralysante. Ce modèle de résilience fait ses preuves et pourrait être transposable à d’autres domaines délaissés et en difficulté comme le textile ou la mécanique par exemple.

La relocalisation bénéficie à la société à bien des égards: Créer des emplois, raviver nos savoir-faire historiques, améliorer la qualité de nos produits, recréer des synergies de filières en circuit-courts, réduire les flux de transport et donc l’empreinte carbone globale de nos achats... Cela nous amène aussi, en tant que consommateur, à nous interroger sur notre propre façon de consommer ; Ne serait-on pas gagnant à acheter moins, mais acheter mieux en prenant en compte lors de l’achat le lieu de production du produit, son espérance de vie et le caractère durable de ses matériaux ? Nous avons tous un rôle à jouer, alors pourquoi pas celui de consom’acteur…

*Etude du cabinet Utopies, 2018.


Marjorie Boudaud


 

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