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En Vendée, des blés locaux et équitables accompagnent une agriculture en transition

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Alors que l'actualité montre notre vulnérabilité face à une production agricole mondialisée, les filières locales sonnent comme une évidence. Né en Vendée avec une filière blé, le label Agri-éthique, devenu national, garantit un revenu juste et durable aux agriculteurs. Une démarche permettant d’accompagner l’évolution des pratiques agricoles et d’ouvrir la voie à des engagements plus forts. La filière Blés paysans du bocage vendéen, créée l’an passé, va ainsi plus loin en valorisant des blés anciens locaux.

« En novembre 2007, le cours du blé s’envole. On réalise que nos relations avec les agriculteurs et les meuniers sont dictées par la bourse de Chicago. Pour la première fois, sans doute naïvement, je prends conscience de la mondialisation », se remémore Pascal Pubert, directeur général adjoint de La Boulangère. L’entreprise vendéenne qui fabrique pains et brioches à l’échelle industrielle signe en 2012, avec des agriculteurs de la coopérative Cavac, les minoteries Girardeau et Planchot un premier contrat « équitable » de 3 ans pour du blé conventionnel. « Il y avait beaucoup de spéculation sur les marchés, cela devenait très contraignant. Cela nous éloignait de notre métier de meunier », abonde Xavier Planchot, directeur général de la minoterie basée à Saint-Paul-en-Pareds.

Depuis, de nouveaux contrats ont été signés, cette fois sous la bannière « Agri-éthique », entre ces trois partenaires, mais aussi ailleurs en France. Créé en 2013 par la Cavac, le label accompagne 33 filières locales pour des matières premières diverses, rassemble 1550 fermes et notamment près de 1000 boulangeries artisanales. Soumis habituellement à la volatilité des cours, les agriculteurs bénéficient ainsi d’un prix fixe et rémunérateur. « Les prix sont calculés en fonction des charges de chacun, donc c’est simple, il n’y a pas de négociations à avoir », détaille Xavier Planchot. « Cela permet à tout le monde d’investir dans le temps, d’avoir plus de visibilité et de parler d’autre chose que du prix : des produits, de la qualité, des variétés, etc. »

Evolution des pratiques

Le prix et le volume sont garantis pendant 3 ans en blé conventionnel, et 5 ans en blé bio afin de suivre le cycle de rotation des cultures. Car à l’image du commerce équitable « Nord-Sud », popularisé il y a plus de 20 ans pour des denrées exotiques, une partie de la rémunération des agriculteurs est destinée à l’amélioration des pratiques. « C’est engageant pour les agriculteurs, mais cela reste dans leur périmètre. Nous n’avons pas la légitimité d’exiger tel ou tel critère environnemental », tient à préciser Pascal Pubert dont la marque confectionne 45 % de produits bio. « Il faut amener le maximum de personnes vers une démarche vertueuse. Pour le bio, l’existence d’une telle filière c’est un message qui peut aider à franchir le pas, ça rassure » (...)

Découvrez Vers un blé équitable ? dans le Journal des initiatives positives n°13 (S'abonner en cliquant ici !)


 
Demain-Vendée
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04 Avr 2022

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