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Manger mieux, produire Mieux, prendre conscience des enjeux !

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A l'occasion des Etats Généraux de l'Alimentation, Demain Vendée est parti à la rencontre des consommateurs !

Dans le cadre des consultations lancées pour les Etats Généraux de l’Alimentation, La député Mme Martine Leguille-Balloy tentait de mieux cerner les attentes des consommateurs et comment tendre vers le « Manger mieux, Produire mieux ». Une réunion publique s'est tenue à cette occasion aux Herbiers Jeudi dernier.

Des intervenants à la table des invités, Yannick Vitali, Directeur de la Fédération Maisons Familiales Rurales de Vendée, Nicolas Blanchard, éleveur laitier et membre du GIEE APABHB, Joël Limouzin, président de la Chambre d'agriculture, Thomas Poirier, responsable du Pôle de prévention déchets à Trivalis, Patrick Neau, président du Groupe Vertal et puis Frédéric David pour Demain Vendée.

On peut se demander, après 2 heures d’échanges, si une telle soirée aura pu contribuer à répondre à la question d’entrée. De trop nombreuses questions induites, des discussions fermées parfois entre les acteurs d’une agriculture conventionnelle et celle de la confédération paysanne ou biologique, et puis bien le bien trop peu de consommateurs au rendez-vous, sans doute faute d’information ou d’intérêt pour ce type de réunion.


Les questions posées lors de nos interview ?

Prêtez-vous une attention particulière à ce que vous mangez ?
Vos habitudes alimentaires ont-elles évolué ?
Quelles sont les raisons qui vous incitent à mieux manger ?
Est-ce que vous faites confiance aux labels ?
Etes-vous sensibles au gaspillage alimentaire ?
Quelles sont vos solutions ?

En fait, le sujet est bien plus complexe qu’il n’y parait, et l’association d’élus, d’agriculteurs et de consommateurs n’est sans doute pas en mesure d’apporter suffisamment de données sur les enjeux liés à notre agriculture et de fait, de notre alimentation. L’intime conviction que la présence d’autres intervenants aurait agrémenté cette séance, notamment pour les questions liées à la Santé, à la nutrition, aux questions sur la connaissance des sols, à la protection de l’eau, de l’écosystème et puis enfin aux enjeux de l’agriculture demain.

Tentons de prendre un peu de recul… et de poser les questions inhérentes à un tel débat « Manger Mieux – Produire Mieux » ?


Car c’est probablement par plus de pédagogie et d’information auprès des consommateurs que les changements viendront, c’est en tout cas l’idée de Demain Vendée. Un éveil des consciences pour mieux agir.

« Il suffirait qu’on mange mieux pour qu’on produise mieux...Respecter la terre qui nous nourrit… prendre conscience des enjeux »

A la rencontre des consommateurs pour mieux comprendre leurs attentes !


” On peut se demander alors la cohérence des flux entrant et des flux sortant, une majeure partie de la production de nos terres est destinée à des assiettes bien loin d’ici. ”

En Vendée, quelle utilisation de nos terres ?

En Vendée, les terres agricoles qui nous entourent représentent en effet 70% de la surface du département. Une surface agricole qui perd 1300 hectares par an au profit de sols artificialisés. Les connaissons-nous vraiment ?
La Vendée compte à ce jour 5 090  exploitations pour 14000 intervenants. Trois quart de la production agricole vendéenne dédié aux productions animales, bovins et volailles essentiellement. Des troupeaux laitiers qui laissent progressivement place aux bovins viandes. Un quart de la production agricole dédié à la production végétale, cultures fourragères, blé, maïs, légumineuses, légumes et vignes.


La production est-elle destinée à une consommation locale ?

20% des exploitations agricoles pratiquent la vente en circuit-court. Pour le reste la collecte des données n’est pas effectuée nous précise l’observatoire de l’agriculture de Vendée. Des circuits avec 1 intermédiaire, et puis ensuite une grande partie la production est destinée à des circuits plus lointains, incluant différents intermédiaires et pouvant être destinée à l’industrie de la transformation alimentaire.


Quelle sont les différents modèles d’agricultures connus ?

En Vendée, ce sont 467 exploitations agricoles engagées en bio, soit 7% des terres cultivables. Deux-tiers certifiées et un tiers en conversion biologique. La plupart des fermes bio en Vendée sont orientées vers l’élevage. Plus de 90% des terres agricoles en Vendée ne sont donc pas soumises aux conditions d’une agriculture biologique, certaines sont associées à différents label, AOC, label rouge etc…

 

Des modes de distribution bien différents en Vendée...GMS, circuits-courts...

Des réponses qui montrent l'intérêt des consommateurs pour des aliments sains issus d'une agriculture locale !


 

D’ou provient la nourriture que l’on retrouve dans les assiettes de nos enfants, dans la restauration collective par exemple ?

Il est possible d’identifier les structures ou restaurants qui sont des démarches d’approvisionnement local mais pour la plupart, des contrats sont passés avec des géants de la restauration collective, Restoria, sodexo et d’autres.

On peut se demander alors la cohérence des flux entrant et des flux sortant, une majeure partie de la production de nos terres est destinée à des assiettes bien loin d’ici et puis à l’inverse, la plupart des repas dans la restauration scolaire, les hôpitaux par exemple est composée d’aliments produits un peu partout en Europe.

L’agriculture locale respecte-t-elle la terre, la nature ?

La France est le premier utilisateur Européen de pesticides et le troisième utilisateur mondial (derrière les États-Unis et le Japon). Epandus sur les cultures pour les débarrasser des mauvaises herbes (herbicides), des champignons (fongicides) ou des insectes gênants (insecticides), les pesticides contaminent les sols et les milieux aquatiques (les phénomènes de ruissellement vers les eaux de surface et d'infiltration vers les nappes phréatiques sont dus à l'irrigation et aux pluies). Une partie de l'épandage est également perdue dans l'atmosphère, par envol ou par évaporation. Emportés par les vents ou chargés dans l'eau des nuages, les résidus de pesticides retombent ensuite sur des sols et des eaux situés à distance de la zone d'épandage.
Les récents rapports sur l’utilisation des pesticides en France montrent que les Pays de la Loire et notamment la Vendée ne sont épargnés. Ce sont environ 640 tonnes d'intrantas chimiques qui sont déversés sur nos terres... L'association Terres & Rivières de Saint-Laurent-sur-Sèvre indique que l’utilisation de ces pesticides (dont le glyfosate) engendre des catastrophes pour la biodiverstité et l’écosystème dans lequel nous évoluons, nous perturbons depuis plusieurs décennies notre environnement…

Pour les eaux de surface, les secteurs hydrographiques vendéens se situent majoritairement dans le rouge. La Sèvre nantaise et ses affluents (nord-est du département) sont même en deuxième position des cours d’eau les plus contaminés au plan national.


Pourquoi l’agriculture s’est-elle transformée vers de l’intensif ?

Les marchés, la finance…
Productivité, Comprendre ce qui a conduit l’agriculture pendant les 50 dernières années à se transformer profondément pour répondre à des enjeux financiers et non plus à des enjeux alimentaires de qualité et de proximité.
Apparue dans les années 60 en France, l'agriculture intensive n'a eu de cesse de se développer depuis. Augmentation de la rentabilité pour les producteurs, diminution des coûts pour les consommateurs...
Au XXè siècle, ce type de production a permis d'augmenter les rendements, la production, et donc de diminuer les coûts de production. Tandis que la productivité grimpait, le nombre d'agriculteurs diminuait ! Aujourd'hui, nos agriculteurs ne représentent plus que maximum 2 à 3 % de la population active.

Les années 1960/1980 ont connu un grand développement d'après guerre. Il y avait du monde à nourrir après tant d'années de disette et de guerre.

L'agriculture intensive est un système de production agricole, qui fait un usage important d'intrants, cherchant à maximiser la production par rapport aux facteurs de production, qu'il s'agisse de main d'oeuvre, des sols ou du matériel agricole. Un usage optimum sera fait des engrais chimiques, des herbicides, des fongicides, des insecticides, des régulateurs de croissance... Appel est fait au machinisme agricole, à la sélection génétique, à l'irrigation et au drainage des sols.

L'agriculture intensive a atteint ses limites, ou plutôt celles de la Nature, le drame de ce type d'exploitation, c'est qu'à court terme, votre rendement et votre productivité augmentent bel et bien mais à moyen/long terme, votre sol s'est complètement appauvri. Nourri artificiellement par des engrais chimiques, il est appauvri par un labourage excessif, un arrachage des haies et des forêts, la concentration d'une monoculture, le destruction du biotope (insectes décomposeurs -vers de terre- , microbes..). Le sol meurt. La consistance même de la terre est modifiée et ces surfaces agricoles deviennent une des causes principales du ruissellement de l'eau, qui ne peut plus le pénétrer... on peut estimer à 60% les terres en France, en état de mort clinique.


Avons-nous conscience des enjeux pour notre Santé ?

Si la question se pose, c’est que savons bien maintenant les effets de notre alimentation sur notre santé. De nouvelles maladies qui questionnent sur la composition de certains produits alimentaires, des mots pour nommer ce qui accompagne la transformation d’aliments : Anti-oxydants, Émulsifiants, Acidifiants, Épaississants, Exhausteurs, Édulcorants…
Nous pouvons évoquer la problématique liée au sucre, on le retrouve dans toutes sortes de produits alimentaires : biscuits, plats cuisinés, pain, sodas, sauce tomate, soupes en brique. Beaucoup de transformateurs industriels l’utilisent afin d’améliorer le goût de leur produit (le goût sucré fait l’unanimité chez les consommateurs), parfois pour en masquer l’acidité ou l’amertume. Selon l’INSEE, les ventes de produits sucrés ont fait un bond de 300% depuis les années 60 et représentent aujourd’hui 45,6% du budget alimentaire… nous pourrions aussi parler des problèmes liés au gluten et du lien avec les farines arrangées industrielles, mais aussi les légumes génétiquement transformés pour répondre à des problématiques d’aspect, de résistance au transport au détriment de la valeur nutritionnelle…


Le gaspillage dans la restauration collective...

Les chiffres restent impressionnants, de 20 à 30% de denrées alimentaires jetées à la poubelle dans nos cantines et autres restaurants collectifs...
Des millions de tonnes de nourriture soient jetées chaque année dans le monde, alors même que tant d’hommes, de femmes et d’enfants meurent de faim, et que d’autres, y compris en France, peinent à se nourrir convenablement. Le gaspillage pour l’ensemble de la chaîne alimentaire est estimé dans notre pays à 140 kg par an et par personne...
À titre d'exemple, voici quelques données issues d’observations de terrain pour un restaurant d'école primaire de 200 élèves :
le gaspillage représente en moyenne, sur une année, 3,4 tonnes, soit l'équivalent de 13 800 repas gaspillés pour un coût moyen de 20 000 €/an.
Pour un collège de 500 convives, on estime le gaspillage alimentaire à plus de 10 tonnes par an, soit l'équivalent de 22 000 repas pour un coût moyen de 33 000 €/an.
Pour un lycée de 800 convives, on estime le gaspillage à plus de 24 tonnes par an, soit l'équivalent de 40 000 repas pour un coût moyen de 70 000€/an.
Pour une maison de retraite de 30 résidents, le gaspillage peut être estimé à 3,2 tonnes/an, soit l'équivalent de 13 000 repas pour un coût de 19 000 €/an.

L’information…

Comprendre les répercussions qu’engendrent nos actes d’achats alimentaires est aussi prioritaire. Pour cela, une approche pédagogique des acteurs et des informations doivent être mise à la disposition du public.

Des solutions…

Prendre conscience des enjeux pour adapter nos comportements d'achats alimentaires, devenir acteur de nouveaux modes de distribution, Amap, ruches, achats groupés, circuits-courts, groupements de producteurs, magasins éthique de distribution tenant compte des enjeux, créer les liens directs avec celles et ceux qui nous nourrissent...
Redonnez du sens et de la cohérence aux flux de circulation des denrées alimentaires, y compris pour l'alimentation biologique parfois issues de productions très lointaines...
Réévaluer la question du prix vis à vis de la qualité des produits alimentaires, vis à vis de leurs valeurs nutritionnelles, vis à vis du gaspillage, vis à vis de la rémunération et de l'éthique de celles et ceux qui produisent notre alimentation...
Le temps est un facteur important dans le processus des achats du quotidien, puissions-nous redonner de la valeur à l'alimentation issus de l'agriculture et ne plus la comparer à des biens de consommations quelquonques...
Rééduquer au goût, aux saisons, à la compréhension du vivant, de la nature... respecter la nourriture.
Aller à la rencontre des femmes et des hommes qui utilisent des modes de production respectueux de l'homme et la nature...
Impulser les changements au sein de nos collectivités, la restauration collective et scolaire, questionner nos collectivités locales...

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